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Publié le 29/04/2020 par le Conseil d'Administration

Synthèse du discours du Premier ministre 28 avril 2020

Synthèse du discours du Premier ministre 28 avril 2020

Jamais le pays n’avait été confiné comme il l’est aujourd’hui. 

 

Il ne peut l’être durablement. Le confinement a été un instrument efficace. Pour lutter contre le virus. Pour contenir la progression de l’épidémie. Pour éviter la saturation de nos capacités hospitalières et protéger les Français les plus fragiles. Depuis le 14 avril, le nombre de cas de Covid-19 hospitalisés diminue. La décrue est engagée. Elle est régulière, lente, j’y reviendrai, mais régulière. 

 

Tous les Français doivent avoir en tête que nous allons devoir vivre avec le virus. On peut espérer que l’effort de recherche engagé dans le monde entier permettra de trouver d’ici 12 à 24 mois un vaccin. Il nous faut donc apprendre à vivre avec le Covid-19, et apprendre à nous en protéger. 

 

Il y a un risque de voir repartir l’épidémie. La décision de confiner notre pays a permis de ralentir la circulation du virus. Notre système hospitalier a tenu. Mais il a tenu au prix d’une fatigue bien compréhensible des femmes et des hommes. 

 

Le risque d’une seconde vague qui imposerait un re-confinement, qui ruinerait les efforts et les sacrifices consentis au cours de ces 8 semaines, est un risque sérieux.

 

La circulation du virus n’est pas uniforme dans le pays. 


Il n’est pas inutile de prendre en compte ces différences dans la façon dont le dé-confinement doit être organisé. 

 

Ne pas appliquer le même schéma dans des endroits où la situation n’est objectivement pas la même,
Laisser aux autorités locales, notamment aux maires et aux préfets, la possibilité d’adapter la stratégie nationale en fonction des circonstances. 

 

À partir du 11 mai, sa mise en œuvre va reposer sur le triptyque : Protéger - Tester - Isoler. 

 

Protéger, c’est éviter d’être infecté par le virus ou d’infecter les autres. 

 

Dès lors, il est impératif que chacun puisse adopter les comportements qui permettent d’éviter la contamination. 

 

A partir du moment où nous ne serons plus en situation de confinement, le respect des gestes barrières et de mesures de distanciation physique prendra encore plus d’importance. Ces gestes barrières, tout le monde les connaît désormais : c’est notamment la distanciation physique et le lavage régulier des mains. 


A cela, il conviendra d’ajouter, et je dis bien d’ajouter, le port du masque dans certaines situations. 

 

Je souhaite revenir précisément sur ce sujet. Lorsque la crise a commencé, nous disposions d’un stock important de masques chirurgicaux. Il permettait de répondre à plus de 20 semaines de consommation normale des services hospitaliers. La production nationale était inférieure à la consommation normale, mais complétée par des importations régulières. Avec l’apparition de l’épidémie en Chine puis son arrivée en Italie, deux éléments sont apparus clairement : l’importation est devenue momentanément impossible et la consommation a considérablement augmenté, dans des proportions incroyablement supérieures à la normale. Comme tous les pays européens, comme les Etats-Unis d’Amérique, la France a dû gérer un risque de pénurie de masques. 

 

Trois décisions ont donc été prises : 

  • Augmenter la production nationale de masques chirurgicaux. 
  • Réserver le stock existant aux soignants hospitaliers.
  • Réserver les masques aux soignants, c’était mécaniquement refuser de les distribuer à d’autres. C’est un choix difficile, un choix contesté, un choix que j’ai estimé nécessaire. 

 

Lancer la production de masques en tissus, pour compléter l’offre et ne pas dépendre des importations dont nous ne savions pas si elles pourraient reprendre, et si oui pour combien de temps. 

 

Les scientifiques ont eux-mêmes évolué. Au début, beaucoup nous disaient que le port du masque en population générale n’était pas nécessaire.

 

Ils nous disent aujourd’hui, parfois les mêmes, qu’il est préférable, dans de nombreuses circonstances de porter un masque plutôt que de ne pas en porter.

 

Pendant la phase de pénurie, nous avons utilisé l’outil des réquisitions, qui a été fort utile. 

 

Depuis plusieurs semaines maintenant, nous incitons l’ensemble des acteurs à se procurer des masques.

 

Il rentre bien plus de masques dans le pays que le Gouvernement n’en commande. 

 

Nous recevons près de 100 millions de masques chirurgicaux par semaine désormais,

 

Nous recevrons près de 20 millions de masques grand public lavables à compter de mai. 

 

Une plateforme de e-commerce sera mise en place par la Poste à compter du 30 avril et distribuera à ceux qui en ont besoin plusieurs millions de masques grand public. 

 

Les pharmacies et la grande distribution seront invitées à vendre des masques jetables ou lavables. 

 

Les particuliers sont bien sûr invités à se confectionner eux-mêmes des masques, dans les conditions recommandées par l’AFNOR et l’ANSM. 

 


Tester

 

Là encore, les recommandations scientifiques ont évolué, et après tout, sans doute est-ce normal face à un virus inconnu. 

 

La doctrine initiale consistait, dans la phase 1, à tester au maximum. 

 

La doctrine voulait qu’en phase 3, on ne teste plus que les malades hospitalisés pour suspicion de Covid-19, les soignants symptomatiques et les premiers cas dans les établissements accueillant des publics fragiles. 

 

Les temps ont changé, la doctrine de l’OMS aussi. À la sortie du confinement, nous serons en capacité de massifier nos tests. Nous nous sommes fixés l’objectif de réaliser au moins 700 000 tests virologiques par semaine au 11 mai. 

 

Nous allons enfin faire passer à 100% prise en charge de ces tests par l’assurance maladie. 

 

Tout doit être fait pour rendre la réalisation du test facile et rapide. 

 

Dès lors qu’une personne aura été testé positive, nous engagerons un travail d’identification et le test de tous ceux qui auront eu un contact rapproché avec elle. Tous ces cas contacts seront testés et seront invités à s’isoler, compte tenu des incertitudes sur la durée d’incubation. 

 


Isoler

 

Permettre d’isoler au plus vite les porteurs du virus afin de casser les chaînes de transmission. L’isolement n’est pas une punition. Il n’est évidemment pas une sanction. L’isolement est une mesure de précaution collective, une mise à l’abri. L’isolement doit donc être expliqué, consenti et accompagné. 

 

Un consortium européen a lancé un travail devant permettre la création de l’application StopCovid

 

L’objet du projet StopCovid, permettrait aux personnes qui ont croisé une personne testée positive d’intégrer un parcours sanitaire, sans bien entendu avoir aucune information sur l’identité de la personne croisée. 

 

Je confirme mon engagement : lorsque l’application en cours de développement fonctionnera et avant sa mise en œuvre, nous organiserons un débat spécifique, suivi d’un vote spécifique. 

 

Pour procéder au déconfinement, nous allons donc partout protéger, tester et isoler. 

 

Progressivité

 

Nous allons procéder progressivement et en différenciant en fonction des territoires. 

 

Progressivement parce qu’il ne faut pas laisser repartir l’épidémie. Parce que nous voulons éviter une deuxième vague. 

 

Je le dis aux Français, si les indicateurs ne sont pas au rendez-vous, nous ne déconfinerons pas le 11 mai, ou nous le ferons plus strictement. 

 

Si tout est prêt, comme nous le pensons, le 11 mai, alors commencera une phase qui durera jusqu’au 2 juin. 

 

Elle permettra de vérifier que les mesures mises en œuvre permettent de maîtriser l’épidémie, et d’apprécier, en fonction de son évolution

 

Les mesures à prendre pour la phase suivante qui débutera ce 2 juin et qui ira jusqu’à l’été. 

 

C’est fin mai notamment que nous statuerons notamment sur la réouverture des cafés et des restaurants. 

 

La progressivité s’accompagne d’une différenciation selon les territoires.

 

La direction générale de la santé et Santé Publique France ont établi trois ensembles de critères permettant d’identifier les départements où le déconfinement doit prendre une forme plus stricte : 

  • Soit que le taux de cas nouveaux dans la population sur une période de 7 jours, reste élevé, ce qui montrerait que la circulation du virus reste active ; 
  • Soit que les capacités hospitalières régionales en réanimation restent tendues ; 
  • Soit que le système local de tests et de détection des cas contacts ne soit pas suffisamment prêt. 

 

Ces indicateurs, leur lecture, seront cristallisés le 7 mai, afin de déterminer quels départements basculent le 11 mai en catégorie disons « rouge », circulation élevée, ou « vert », circulation limitée.

 

A compter de jeudi [30 avril NDLR], le Directeur général de la santé présentera tous les soirs la carte avec ces résultats, département par département. Cette carte guidera ainsi chaque département dans la préparation du 11 mai.

 

Notre plan national de déconfinement fixe les règles nationales pour quelques enjeux prioritaires 

 

L’école


Réouverture très progressive des maternelles et de l’école élémentaire à compter du 11 mai, partout sur le territoire, et sur la base du volontariat. 


A compter du 18 mai, mais seulement dans les départements où la circulation du virus est très faible, nous pourrons envisager d’ouvrir les collèges, en commençant par la 6ème et la 5ème. 

 

Nous déciderons fin mai si nous pouvons rouvrir les lycées, en commençant par les lycées professionnels, début juin.

 

Les classes rouvriront dans des conditions sanitaires strictes : 

  • Pas plus de 15 élèves par classe ; 
  • Une vie scolaire organisée autour du respect des règles barrière
  • Tous les enseignants et encadrants des établissements scolaires recevront des masques qu’ils devront porter quand ils ne pourront respecter les règles de distanciation. 

 

Le port du masque est prohibé, pour les enfants, en maternelle. 

 

Il n’est pas recommandé, compte tenu des risques de mauvais usage, à l’école élémentaire

 

L’Éducation nationale mettra des masques pédiatriques à disposition des directeurs d’école, pour les cas particuliers.

 

Nous fournirons des masques aux collégiens qui peuvent en porter et qui n’auraient pas réussi à s’en procurer, le port du masque pour les collégiens étant obligatoire. 

 

Un intense travail de préparation doit avoir lieu dans chaque académie, afin que nous puissions préparer cette rentrée évidemment très particulière. 

 


Les entreprises


S’agissant des conditions de travail, nous devons amplifier la démarche engagée par les fédérations professionnelles et le ministère du Travail pour réaliser des guides et des fiches métiers qui accompagnent les réorganisations nécessaires au sein des entreprises.

 

Nous échangerons également sur les mesures d’accompagnement des entreprises qui font face à des difficultés. 

 

Le dispositif d’activité partielle, qui est l’un des plus généreux d’Europe, restera en place jusqu’au 1er juin. Il nous faudra ensuite l’adapter progressivement, afin d’accompagner la reprise d’activité si l’épidémie est maîtrisée. 

 

Les commerces

 

Les commerces rouvriront également à compter du 11 mai. Aujourd’hui, seuls certains commerces essentiels sont ouverts. Tous, sauf les cafés, restaurants, pourront ouvrir à compter du 11 mai. 

 

Si les commerces vont rouvrir, chacun d’entre eux devra respecter un cahier des charges strict, limitant le nombre de personnes présentes en même temps dans le magasin et organisant les flux, afin de faire respecter la règle de la distance minimale d’un mètre par personne sans contact autour d’elle. Il devra bien évidemment veiller à la protection de son personnel. 

 

S’agissant du port du masque, le port du masque grand public sera recommandé pour les personnels et les clients lorsque les mesures de distanciation physique ne peuvent être garanties. 

 

Un commerçant pourra subordonner l’accès de son magasin au port du masque. 

 

Nous prendrons une décision sur les bars, cafés et restaurants fin mai, pour décider s’ils peuvent ouvrir après le 2 juin. 

 


Transports

 

Les décisions relatives aux transports sont particulièrement ardues. 

 

Nous allons prendre deux séries de décision : 

  • Remonter au maximum l’offre de transports urbains. 70% de l’offre de la RATP sera disponible le 11 mai et nous devons remonter rapidement à l’offre nominale. 
  • Ensuite, faire baisser la demande, en favorisant le télétravail, en étalant les horaires, en demandant aux Français de considérer que les transports aux heures de pointes doivent être réservés à ceux qui travaillent. 

 

Je souhaite que dans chaque région une concertation s’engage très rapidement entre les autorités organisatrices de transports, les usagers et les opérateurs de transports pour arrêter les conditions de mise en œuvre précises de ces objectifs. 

 

Le port du masque sera rendu obligatoire dans tous les transports, métros comme bus. 

 

Les opérateurs devront s’organiser pour permettre, même dans le métro, de respecter les gestes barrières. 

 

Les bus scolaires pourront circuler, mais avec la même règle du un sur deux, avec l’obligation de port du masque pour les collégiens et les chauffeurs. 

 

Le port du masque sera également obligatoire dans les taxis et les VTC qui ne disposent pas du système de protection en plexiglas. 

 

S’agissant des déplacements inter-régionaux ou inter-départementaux, notre logique sera inverse. Nous voulons réduire ces déplacements aux seuls motifs professionnels ou familiaux impérieux

 

Le jeudi de l’Ascension sera bien férié, mais je dis clairement aux Français que ce n’est pas le moment de quitter son département pour partir en week-end. 

 

Il sera à nouveau possible de circuler librement, sans attestation, sauf, comme je l’ai dit, pour les déplacements à plus de 100 km du domicile, qui ne seront possibles que pour un motif impérieux, familial ou professionnel.


Vie sociale 

 

Il sera possible, les beaux jours aidant, de pratiquer une activité sportive individuelle en plein air, en dépassant évidemment la barrière actuelle du km et en respectant les règles de distanciation physique.

 

Il ne sera possible, ni de pratiquer du sport dans des lieux couverts, ni des sports collectifs ou de contacts. 

 

Les parcs et jardins ne pourront ouvrir que dans les départements où le virus ne circule pas de façon active.

 

Par mesure de précaution, les plages resteront inaccessibles au public au moins jusqu’au 1er juin. 

 

Les médiathèques, les bibliothèques et petits musées pourront rouvrir leurs portes dès le 11 mai. A contrario, les grands musées, qui attirent un grand nombre de visiteurs hors de leur bassin de vie, les cinémas, les théâtres et les salles de concert, où l’on reste à la même place dans un milieu fermé, ne pourront pas rouvrir. 

 

Les salles des fêtes, les salles polyvalentes resteront également fermées, jusqu’à cette marche du 2 juin.

 

Les grandes manifestations sportives, culturelles, notamment les festivals, les grands salons professionnels, tous les évènements qui regroupent plus de 5000 participants et font à ce titre l’objet d’une déclaration en préfecture et doivent être organisés longtemps à l’avance, ne pourront se tenir avant le mois de septembre.

 

La saison 2019-2020 de sports professionnels, notamment celle de football, ne pourra pas non plus reprendre. 

 

Les lieux de culte pourront continuer à rester ouverts. Mais je crois qu’il est légitime de demander de ne pas organiser de cérémonies avant le 2 juin. Les cérémonies funéraires resteront évidemment autorisées, comme aujourd’hui dans la limite de 20 personnes. Les cimetières seront à nouveau ouverts au public dès le 11 mai.

 

En attendant des jours meilleurs, les mairies continueront à proposer, sauf urgence, le report des mariages. 

 

D’une façon générale, il nous faut éviter les rassemblements qui sont autant d’occasion de propagation du virus. Les rassemblements organisés sur la voie publique ou dans des lieux privés seront donc limités à 10 personnes. 

 

Je donne d’ores et déjà rendez-vous aux Français à la fin du mois de mai pour évaluer les conditions dans lesquelles nous organiserons une nouvelle phase de déconfinement, et prendrons en particulier des décisions sur l’organisation des cafés, des restaurants, des vacances.

 

Pour la suite, la stratégie que je viens de présenter, approuvée en Conseil de Défense sous la présidence du chef de l’État, n’est pas un texte législatif. Elle exigera des décisions règlementaires ou individuelles, prises par les ministres ou les préfets ou par les présidents d’exécutifs locaux dans le champ de leurs compétences. Sur quelques sujets néanmoins, elle devra être accompagnée de dispositions législatives qui n’existent pas aujourd’hui, et qui vont manquer. 

 

Je proposerai au Parlement d’adopter prochainement une loi qui, en plus de proroger l’état d’urgence sanitaire au-delà du 23 mai, peut-être jusqu’au 23 juillet, autorisera la mise en œuvre des mesures nécessaires à l’accompagnement du déconfinement. Ce projet sera soumis à l’examen du Conseil des Ministres samedi et sera soumis au Sénat et à l’Assemblée Nationale la semaine prochaine. 

 

Je vous remercie.
 

 

Pour écouter ou lire le discours dans son intégralité, cliquer ici

 

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Dernière mise à jour : 30/04/2020