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Publié le 29/10/2020 par le Conseil d'Administration

Synthèse de l’allocution du président de la République - 28 octobre 2020

Synthèse de l’allocution du président de la République - 28 octobre 2020

La dernière fois que je me suis adressé à vous au sujet de la pandémie qui nous frappe, j’avais fixé un délai – une dizaine de jours - pour juger de l’efficacité des choix faits et décider de l’opportunité de mesures nouvelles. Nous y sommes.

 

Et si les efforts consentis ont été utiles, la lucidité commande d’admettre que cela ne suffit pas, cela ne suffit plus.

 

Le virus circule en France à une vitesse que même les prévisions les plus pessimistes n’avaient pas anticipée.  

 

A la différence de la première vague, l’ensemble des régions se trouvent aujourd’hui au seuil d’alerte. 

 

Nous avons pris des mesures. Elles étaient déjà difficile. Elles étaient indispensables et elles ont souvent été contestées parce qu’elles ne faisaient pas plaisir. Elles se révèlent toutefois insuffisantes pour endiguer une vague qui aujourd’hui touche toute l’Europe.

 

Notre stratégie a été définie dès l’été, c’était de vivre avec le virus. Il s’agissait de maîtriser sa circulation en nous appuyant sur nos capacités pour « tester, alerter, protéger », sur les gestes barrières, sur la protection des plus fragiles et des mesures de ralentissement de l’épidémie territorialisées, au plus près du terrain. 

 

Nous sommes tous, en Europe, surpris par l’évolution du virus. Certains pays, comme l’Espagne, l’Irlande, les Pays-Bas, ont pris plus tôt des mesures plus dures que les nôtres. Pourtant, tous, nous en sommes au même point : débordés par une deuxième vague qui, nous le savons désormais, sera, sans doute, plus dure et plus meurtrière que la première.

 

A ce stade, nous savons que quoi que nous fassions, près de 9000 patients seront en réanimation à la mi-novembre, soit la quasi-totalité des capacités françaises. 

 

Si nous ne donnons pas aujourd’hui, un coup de frein brutal aux contaminations, nos hôpitaux seront très vite saturés 

 

Dans ce contexte, ma responsabilité est de protéger tous les Français. Et en dépit des polémiques, en dépit de la difficulté des décisions à prendre, je l’assume pleinement devant vous ce soir.

 

Quels sont nos objectifs ? 

 

Protéger les plus âgés, les plus fragiles, celles et ceux qui sont atteint de diabète, d’obésité, d’hypertension, de maladies chroniques et qui sont les premières victimes du COVID-19.

 

L’âge est le facteur prépondérant. 85% des malades décédés ont plus de 70 ans. Mais si le virus tue les plus âgés, il tue aussi, même si c’est plus rare, les plus jeunes. Aujourd’hui, au moment où je vous parle, 35% des personnes en réanimation ont moins de 65 ans. Il touche donc sous des formes graves, toutes les générations.

 

Protéger nos soignants qui, à l’hôpital, dans les structures médico-sociales, en ville, ont déjà beaucoup donné durant le printemps. Nous leur devons de prendre toutes les précautions pour limiter la propagation du virus. Si nous ne le faisons pas pour nous, pour nos proches, faisons-le pour eux.

 

Protéger les plus modestes qui sont les plus touchés par le virus sur le plan sanitaire, et les plus touchés par les conséquences économiques et sociales de la crise.

 

Protéger notre économie.

 

Je ne crois pas à l’opposition entre santé et économie que certains voudraient instaurer.

 

 

Quelles sont les stratégies possibles pour arriver à ces objectifs ?

 

Ne rien faire, assumer de laisser le virus circuler. C’est ce qu’on appelle la recherche de « l’immunité collective » c’est-à-dire lorsque 50, 60% de la population a été contaminée. Le Conseil Scientifique a évalué les conséquences d’une telle option. C’est au moins 400 000 morts supplémentaires à déplorer. Jamais la France n’adoptera cette stratégie. 

 

Confiner les seules personnes à risque. Cette voie n’est pas non plus utilisable. Elle peut être pertinente mais elle n’est pas suffisante.

 

Faire le pari de tout miser sur la stratégie du « Tester, alerter, protéger. » Nous réalisons 1.9 million de tests par semaine, nous sommes l’un des meilleurs pays d’Europe en la matière. Mais si ce système peut être efficace avec quelques milliers de cas par jour, nous avons aujourd’hui entre 40 000 et 50 000 contaminations quotidiennes dépistées, sans doute en réalité le double. Ce système n’est plus efficace, et d’ailleurs aucun pays européen ne le retient plus aujourd’hui.

 

Augmentation de nos capacités de réanimation ? Je vais vous dire très clairement, nous sommes en train de le faire mais là non plus ce n’est pas une bonne réponse.

 

Nous avons les stocks de médicaments, les respirateurs, les masques, les blouses et les gants, tout le matériel nécessaire parce que nous avons appris de nos insuffisances, de nos manques durant la première vague.

 

Nous avons aussi formé près de 7000 infirmiers et médecins pour pouvoir travailler en réanimation et nous avons aussi repoussé nos capacités qui sont passées de 5000 lits avant la première vague à 6000 aujourd’hui, nous allons les porter au-delà de 10 000 lits en réanimation. 

 

Un effort colossal a été fait de formation, d’investissement. Mais il n’est pas suffisant face à cette vague

 

 

Quelle est donc aujourd’hui la bonne stratégie à retenir ?

 

Confiner les plus âgés, les plus vulnérables, tester, alerter, protéger, augmenter les lits de réanimation : aucune de ces solutions n’est suffisante l’état actuel. Il faut donc aller plus loin.

 

J’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus.

 

Tout le territoire national est concerné, avec des adaptations pour les seuls départements et territoires d’outre-mer.

 

Ce confinement sera adapté sur trois points principaux :

  • les écoles resteront ouvertes,
  • le travail pourra continuer,
  • les EPHAD et maisons de retraite pourront être visités.

 

 

Quelles seront les règles de cette nouvelle étape ?

 

Le Gouvernement les détaillera demain (ce jeudi 29/10) lors d’une conférence de presse.

 

  • Vous pourrez sortir de chez vous uniquement pour travailler, vous rendre à un rendez-vous médical, pour porter assistance à un proche, pour faire vos courses essentielles ou prendre l’air à proximité de votre domicile. C’est donc le retour de l’attestation.
  • Les réunions privées en dehors du strict noyau familial seront donc exclues, 
  • Les rassemblements publics seront interdits, 
  • Vous ne pourrez pas vous déplacer d’une région à l’autre, à l’exception des retours de vacances de la Toussaint
  • Les commerces qui ont été définis au printemps comme non essentiels, les établissements recevant du public, notamment les bars et restaurants, seront fermés.
  • Le « quoiqu’il en coûte », cette réponse économique parmi les plus protectrices du monde se poursuivra. 
  • Les crèches, les écoles, les collèges et les lycées demeureront donc ouverts avec des protocoles sanitaires renforcés. 
  • Les facultés et établissements d’enseignement supérieur assureront à l’inverse des cours en ligne.
  • Partout où c’est possible, le télétravail sera à nouveau généralisé. 
  • Les guichets des services publics resteront ouverts. 
  • Les usines, les exploitations agricoles, les Bâtiments et Travaux Publics continueront de fonctionner.
  • L’économie ne doit ni s’arrêter, ni s’effondrer ! 
  • Nos frontières intérieures à l’espace européen demeureront ouvertes et sauf, exception, les frontières extérieures resteront fermées.  Bien évidemment, les Français de l’Etranger resteront libres de regagner le territoire. 
  • Les visites en maison de retraite ou en EHPAD seront cette fois autorisées dans le strict respect des règles sanitaires. 
  • Quant aux cimetières, en cette période marquée par la Toussaint, ils demeureront ouverts, et je veux que nous puissions continuer à enterrer dignement nos proches.

 

Aux personnes à risque, aux plus vulnérables, aux personnes âgées de plus de 70 ans, je demande une vigilance accrue. 

 

Moins de réunions avec la famille, avec les amis, même si c’est un crève-cœur. 

 

Respect de la distanciation physique, y compris au domicile, 

 

Le port du masque systématique lorsqu’on se trouve à l’intérieur en présence d’une autre personne, même un proche, un enfant ou un petit enfant.

 

Les soignants à l’hôpital, jouent évidement dans ce contexte un rôle essentiel, mais nous avons besoin des médecins de ville, des infirmiers, des pharmaciens, de tous les acteurs du médicosocial, de tous les professionnels de santé de ville pour assurer une prise en charge précoce des patients dès les premiers symptômes pour éviter que ne se développent des formes complexes.

 

Nous avons aussi besoin du sens des responsabilité de chacun et de l’esprit citoyen de tous. Restez au maximum chez vous. Respectez les règles. Une fois encore je vous le dis, la réussite dépend du civisme de chacune et chacun d’entre nous.

 

 

Comment cette nouvelle étape va-t-elle se dérouler dans le temps ?

 

L’ensemble de ces mesures entreront donc en application au plus vite.

Elles le seront dans la nuit de jeudi à vendredi, et seront appliquer a minima jusqu’au 1er décembre.

Un débat suivi d’un vote se tiendra au Parlement. 

Tous les quinze jours, nous ferons le point sur l’évolution de l’épidémie et déciderons, le cas échéant, de mesures complémentaires. 

 

Je sais que pour les commerces de centre-ville je demande un très gros effort. Tenons-le avec beaucoup de rigueur pendant 15 jours. Si d’ici 15 jours nous maitrisons mieux la situation nous pourrons alors réévaluer les choses et espérer ouvrir certains commerces, en particulier dans cette période si importante avant les fêtes de noël. 

Nous verrons si nous pourrons cultiver l’espoir de célébrer en famille ce moment si précieux de Noël et des fêtes de fin d’année.

 

Notre objectif à terme est simple : réduire très fortement les contaminations – de 40 0000 contaminations par jour à 5000, 

 

Nous devons collectivement déployer beaucoup plus massivement l’application TOUSANTICOVID

 

Nous avons tous été surpris par l’accélération soudaine de l’épidémie. Tous. Si je sais la lassitude, cette impression « d’un jour sans fin » qui tous nous gagne, nous devons, quoiqu’il arrive, rester unis et solidaires, et ne pas céder au poison de la division.

 

Vive la République.

Vive la France.

 

Pour lire l'intégralité du discours, cliquer ici

 

Confinement acte II : les cabinets d'ostéopathies peuvent ouvrir

 

 

 

 

 

 

 

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Dernière mise à jour : 30/10/2020