L’Italie achève enfin son processus de reconnaissance et de réglementation de l’ostéopathie, initié en 2018 par la loi « Lorenzin ». Il a d’abord fallu attendre 2021 pour qu’un texte réglementaire définisse le profil professionnel et les compétences des ostéopathes, puis qu’un décret fixe en 2023 les conditions de formation, et enfin qu’un accord organise le dispositif de reconnaissance des praticiens déjà en exercice le 18 décembre 2025.
Les professions de santé en Italie et en France sont organisées de manière assez analogue, avec notamment une hiérarchie entre professions médicales et professions non médicales (ou auxiliaires).
Les ostéopathes italiens, intégrés à cette seconde catégorie, ne sont pas autorisés à intervenir sur des dysfonctions liées à des pathologies.
Par ailleurs, la durée de la formation est de 3 ans, à contre-courant de tout mouvement européen visant à harmoniser la formation des ostéopathes vers un niveau Master.
Nos collègues italiens du Registre des ostéopathes italiens se sont fixés comme priorité d’obtenir pour l’ostéopathie le statut de profession de santé.
La loi « Lorenzin » a ainsi classé la profession d’ostéopathe parmi les professions de santé, en tant que « profession non médicale » (équivalent d’auxiliaire médical en France).
L’ostéopathie devrait prochainement être intégrée dans la liste des professions techniques de la prévention, qui regroupe par ailleurs la profession de technicien en prévention dans l'environnement et le lieu de travail, ainsi que la profession d’assistant sanitaire.
Les ostéopathes devront être enregistrés à l’Ordre professionnel des professions techniques, de la réhabilitation et de la prévention.
Le champ de compétence des ostéopathes italiens porte sur la prévention et le maintien de la santé, conformément au statut de la profession et à sa place dans les professions de santé,
Les ostéopathes italiens sont autorisés à intervenir sur les dysfonctions somatiques, si elles ne sont pas liées à des pathologies, dans le cadre de l’appareil musculo-squelettique.
L’ostéopathe italien agit en référence à un diagnostic médical qu’il ne peut établir lui-même et évalue les indications ou contre-indications au traitement ostéopathique.
La formation des ostéopathes italiens est universitaire, publique, et dure trois ans. Il s’agit d’une licence universitaire professionnalisante (« laurea triennale abilitante »).
La reconnaissance de l’ostéopathie en Italie comme profession de santé a-t-elle été obtenue au prix d’un renoncement à une formation plus complète, d’un statut d’auxiliaire médical, et de compétences tournées vers la prévention plus que vers le soin ? Nos collègues italiens manifestent une grande satisfaction à l’égard de ce résultat et le SFDO s’en félicite.
Les ostéopathes français se satisferaient-ils d’une telle orientation ?
En France, la régulation de l’ensemble de notre profession, notamment de sa formation, par une Autorité publique indépendante (API), constitue le préalable à toute évolution potentielle de son statut. L’API assurerait une régulation plus large et surtout indépendante de la profession, contrairement à un ordre, auquel seront soumis les ostéopathes italiens.
Le SFDO œuvre depuis 2022 aux côtés de l’Unité pour l’ostéopathie (UPO) pour la création d’une API. Le syndicat a multiplié les entretiens avec les cabinets ministériels et l’administration en 2025. En 2026, ce projet sera l’une de nos grandes priorités.