Doctolib a mis à jour sa charte de contenu pour les ostéopathes. Celle-ci est présentée comme issue d’une « co-construction » avec les « organisations de référence de la profession ».
Le SFDO, qui avait pourtant pris contact à plusieurs reprises avec la plateforme, n’a pas été informé des travaux de préparation de cette nouvelle charte et n’a pas été convié à y contribuer.
Le syndicat rejette ainsi toute responsabilité quant au contenu de cette charte et conteste plusieurs arbitrages défavorables à la profession (voir la dernière partie de cet article).
Depuis le 4 mai 2026, Doctolib applique automatiquement à l’ensemble des comptes "pro" d’ostéopathes (versions payantes) un nouveau référentiel de 25 mots-clés normés.
Chacun est associé à un motif de consultation imposé. Ils peuvent se répartir en trois catégories :
Cette liste est stricte et obligatoire : tout autre mot-clé est interdit. De nombreux intitulés ont ainsi été reformulés ou supprimés.
La plateforme justifie ces interdictions par quatre motifs :
Ces modifications sont appliquées aux profils d’ostéopathes au nom de la conformité réglementaire, de la clarté pour le patient et de l’harmonisation de l’image professionnelle.
Rappel : les chartes Doctolib régissent uniquement les relations contractuelles entre la plateforme et ses utilisateurs, à savoir ses règles d'usage. L’exercice de l’ostéopathie reste encadré exclusivement par la réglementation en vigueur et le code déontologique de la profession.
La nouvelle charte appelle plusieurs commentaires de la part du SFDO :
Un champ de compétence restreint
La nouvelle charte Doctolib pose des restrictions ne figurant pas dans la définition légale du champ de compétence des ostéopathes.
La prise en charge des pathologies
Les ostéopathes sont autorisés à pratiquer des manipulations et des mobilisations à visée de diagnostic, de prévention et de traitement des troubles fonctionnels. La réglementation exclut de leur champ d'intervention les pathologies organiques « qui nécessitent une intervention thérapeutique, médicale, chirurgicale, médicamenteuse ou par agent physique ».
Elle n’interdit donc pas aux ostéopathes de prendre en charge les pathologies qui n'en relèvent pas. Une arthropathie dégénérative ou une adhérence de cicatrice, par exemple, peuvent être considérées comme des pathologies organiques mais ne requièrent pas toujours de traitement médical.
Mot-clé « Endométriose »
Le SFDO s'étonne que Doctolib proscrive l’usage du terme « Endométriose ». La Haute autorité de santé (HAS) et le Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF) recommandent pourtant l’ostéopathie comme soin de support, ayant « montré une amélioration de la qualité de vie chez des patientes ayant des douleurs liées à l’endométriose » .
De nombreux ostéopathes sont ainsi formés à la prise en charge des troubles fonctionnels associés à cette pathologie. De nombreuses patientes en bénéficient, dans le cadre d'un suivi pluridisciplinaire.
Mot-clé « Ostéopathie myofasciale »
Le SFDO constate que l'usage du terme « ostéopathie myofasciale » n'est pas autorisé, alors même que cette terminologie figure expressément dans la réglementation encadrant les actes des ostéopathes : « Ces manipulations sont musculo-squelettiques et myo-fasciales, exclusivement manuelles et externes ».
Mot-clé « Drainage lymphatique »
À l’inverse, le terme « Drainage lymphatique » figure parmi les mots-clés autorisés, alors même que sa pratique à visée thérapeutique est réservée aux masseurs-kinésithérapeutes.
Seul le drainage lymphatique non thérapeutique, qui ne fait pas partie des actes ostéopathiques, peut parfois être pratiqué au titre d’une activité distincte de celle d’ostéopathe.
Des compétences complémentaires non prises en compte
Il est regrettable que la charte interdise l'usage de termes relatifs à des compétences complémentaires (notamment « Allaitement », « Portage du bébé », « Troubles de l'équilibre », « Traitement des cicatrices » ou encore « Expertise judiciaire »), dont de nombreux ostéopathes peuvent justifier à la suite de formations spécialisées.
On peut également s'étonner de l'incohérence consistant à interdire le terme « Bilan postural », tout en autorisant « Ostéopathie posturologique ».
Connectez-vous à votre espace pour vérifier les mots-clés qui vous ont été attribués et leur cohérence avec votre offre de soins.
Consultez la charte de contenu Doctolib en cliquant ici.