La proposition de loi Debré
16/01/2012 - Pour la santé de l'ostéopathie -
Que souhaitent vraiment les ostéopathes ?
La situation de l’ostéopathie semblait durablement bloquée, avec d’un côté des pouvoirs publics arguant
d’une division des ostéopathes, et de l’autre des organisations professionnelles refusant toute forme de collaboration afin de ne pas prendre le risque d’une dilution des effets de communication dont elles se sont faites une priorité. A ce titre, il convient de rappeler que la situation actuelle de notre profession, pour ce qu’elle a de meilleur et de moins favorable, n’est pas le résultat d’une unique organisation professionnelle mais bien le produit d’actions, tantôt concertées, volontairement ou non, tantôt opposées. La revendication d’avancées ou d’évolutions de la profession par une communication orientée n’a jamais été un objectif du SFDO qui par une politique soutenue, discrète et cohérente a toujours œuvré de manière transparente au bénéfice d’une profession de première intention indépendante et de haut niveau. Les objectifs à court, moyen, et long termes sont clairement annoncés et les actions sans équivoques ([1] Lire le Projet politique du SFDO >).
Pendant que certains défendent une ostéopathie de haut niveau, d’autres entretiennent par un mélange des genres notamment en cautionnant et en co organisant des évènements qui tendent progressivement à faire glisser l’ostéopathie vers l’univers du bien-être. Sur le fond, la proposition de loi [2] de Monsieur Bernard DEBRE, en fondant une nouvelle catégorie de professions de santé, entretient un débat sur la place de l’ostéopathie au sein du monde de la santé [3]. Puis, la création d’une « entité de contrôle et de régulation » participe, au même titre que le contrôle par l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) des établissements de formation à l’ostéopathie, à une structuration de la profession d’ostéopathe. Et si la proposition est imparfaite, non adoptable en l’état et bénéficie de chances infinitésimales de prospérer – lire les analyses du SFDO, [4] de février 2010 >
et [5] de septembre 2011 > Article –, elle a le mérite d’exister dans un contexte pré électoral particulièrement difficile et une situation économique délicate. Dans la forme, elle ouvre une brèche dans un statu quo actuel de plusieurs mois avec le Ministre de la Santé. Monsieur Bernard DEBRE a été attentif aux propositions. Des ajustements ont été effectués. Afin de contribuer à la pérennité de ce débat et de peser sur un levier significatif, le SFDO a décidé, conformément à l’esprit de son analyse, de soutenir par un courrier (Lire le courrier > [6]) Monsieur Bernard DEBRE dans son effort d’interpellation du Gouvernement. La fin de la législature approche sans évolution notable du statut de l’ostéopathie. Une éventuelle alternance politique ne garantit pas un changement favorable. Les acteurs en présence, professions médicales et paramédicales, ostéopathes exerçant à titre exclusif, restent opposés dans le positionnement de l’ostéopathie et plus largement dans sa pratique. Une grande partie des kinésithérapeutes et des médecins exerçant l’ostéopathie persistent à vouloir faire de l’ostéopathie une activité accessoire. Les étiopathes continuent à se prévaloir d’une ostéopathie bio mécanicienne. Et dans le même temps, des organisations aux effectifs ostéopathiques hétérogènes ou au nombre dissimulé ont tout intérêt à contrarier tout rapprochement de l’environnement de la santé qui réduirait sensiblement leur marge d’ambiguïté. Un des objectifs prioritaires du SFDO réside dans la défense d’une unicité de la médecine ostéopathique adossée au secteur de la santé, seule stratégie apte à consolider l’identité professionnelle des ostéopathes exerçant à titre exclusif.
Toutes les organisations professionnelles ont été conviées par Monsieur Bernard DEBRE. Mais, le groupe UFOF/GFIO s’est volontairement soustrait au processus de rapprochement avec le Ministère de la Santé en voulant imposer son propre agenda. Les motivations de ce groupement restent obscures face à une proposition de loi déjà soutenue par 115 députés. En outre, cette initiative semble recueillir l’agrément d’une large partie de l’opposition parlementaire. Par ailleurs, le projet politique proposé par le SFDO pour la profession a retenu toute l’attention du représentant de la santé du Parti Socialiste. Une réunion de concertation avec toutes les organisations est d’ores et déjà programmée dans un avenir proche. Dès à présent une question se pose : quel avenir réserveront ces organisations à ce prochain rendez-vous ?
Le Conseil d’Administration, le 16 janvier 2012
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