Selection formation à l'ostéopathie

Choisir un établissement de formation en ostéopathie

Bien choisir son établissement de formation : les critères à privilégier

  • Mise à jour le Vendredi, 27 Avril 2012 16:48

Le cadre législatif de la formation des ostéopathes reste aujourd’hui assez imprécis. En effet, il existe une distorsion entre les récentes dispositions de la loi HPST (article 64) qui porte à 3 520 heures[1] (4 années) le nombre minimal d’heures de formation pour obtenir le titre d’ostéopathe et les dispositions réglementaires toujours applicables qui les limitent à 2 660 heures, soient 3 années (décret n°2007-437 du 25 mars 2007). Si la majorité des établissements de formation initiale a maintenu un format en 5 ou 6 ans (entre 4 200 et 5 000 heures), certains délivrent le titre d’ostéopathe à l’issue de trois ans de formation.

Pourtant, un consensus national, européen[2] et international fixe à 5 années la durée minimale de formation. L’Organisation Mondiale de la Santé[3] préconise dans son dernier rapport 4 200 heures de formation pour la délivrance du titre d’ostéopathe.

Face à cette situation, le futur étudiant éprouve des difficultés dans le choix de l’établissement dans lequel il espère obtenir une qualification qui lui permette plus tard de vivre de son art, et ce, dans un contexte de démographie professionnelle appelé à rendre la concurrence intra professionnelle particulièrement agressive.

Deux types de critères peuvent être retenus pour faciliter ce choix.

Labellisation de la formation : inscription de l’établissement dans une démarche qualité

Charte Erasmus

Plusieurs établissements se sont engagés dans une dynamique européenne par l’intermédiaire de la charte Erasmus. Cette démarche favorise la mobilité des étudiants via des échanges avec des établissements d’autres états membres de l’Union Européenne, gage de richesse académique. Elle témoigne surtout de la capacité de l’établissement à assurer la transparence et la compatibilité des qualifications acquises dans l'enseignement supérieur et la formation professionnelle supérieure en Europe et à répondre aux critères objectifs fixés par le cadre réglementaire[4], ce qui constitue un gage de qualité.

Répertoire National de Certification Professionnelle (RNCP)

Onze d’établissements de formation sont inscrits au Répertoire National de Certification Professionnelle (RNCP) [5] pour un titre de niveau I (à mettre en correspondance avec un niveau master 2). Cette inscription témoigne de la capacité de l’établissement à se conformer à un cahier des charges exigeant, portant notamment sur la traçabilité, le suivi des jeunes diplômés, le respect des engagements, l’accès à la profession à travers un dispositif alternatif : la Validation de Acquis de l’Expérience.

Conventions universitaires

A ce jour, aucun établissement de formation à l'ostéopathie n’a encore pu mener à son terme des projets de conventions universitaires pour l'émergence d'un parcours universitaire de formation spécifique à l'ostéopathie. Néanmoins, plusieurs initiatives sont en cours de négociation et certains établissements  devraient parvenir à des accords dans un avenir proche. Ces conventions constitueront des gages de qualité de la formation dispensée, permettront aux étudiants d’effectuer des stages hospitaliers et de jeter des passerelles vers le monde universitaire pour obtenir des diplômes de niveau master, et ainsi, pour ceux qui le désireront, d’accéder à des formations doctorantes. Toutefois, certains établissements ont d'ores et déjà conclu des conventions de partenariats avec des universités destinées à favoriser une mobilité transdisciplinaire.

AERES, ENQA

A ce jour, aucun établissement ne fait l’objet d’un contrôle de la qualité de la formation par l’AERES, agence française, ou par l’ENQA[6], agence européenne.

Le projet pédagogique

La durée de formation

Le futur étudiant en ostéopathie a intérêt à porter son choix sur un établissement délivrant le diplôme à l’issue d’au minimum 5 années de formation. En effet, l’enseignement des matières fondamentales, des matières médicales (permettant de poser l’indication d’une prise en charge ostéopathique en toute sécurité), des matières ostéopathiques (l’apprentissage de la palpation, des différentes manières d’effectuer un diagnostic de mobilité et d’élasticité, des nombreuses techniques de manipulations), la mise en situation clinique encadrée avec des patients (au minimum 800 heures), des matières connexes (sciences humaines, déontologie, droit de la santé, etc.) ne peut s’effectuer dans un format moindre.

Au-delà du suivi de la formation, l’étudiant doit s’intéresser au référentiel de formation adopté par l’établissement, ne pas hésiter à le demander ainsi que les fiches de cours correspondantes aux matières enseignées : celles-ci doivent comprendre le(s) nom(s) de l’enseignant, le détail du cours, les objectifs pédagogiques, les références scientifiques.

L’équipe pédagogique

Il est important d’apporter un soin particulier à l’examen de l’équipe pédagogique et de ses membres. Plusieurs questions doivent être posées :

  • Les enseignants disposent-ils d’une qualification en regard avec la matière enseignée, et celle-ci est-elle attestée par un diplôme universitaire ?
  • Les enseignants disposent-ils d’une qualification ou d’une expérience pédagogique ?
  • Existe-t-il au sein de l’établissement une politique de formation des enseignants, un tutorat ?
  • Quelle est la politique de l’établissement en termes d’absences ? Des stratégies de remplacement sont-elles prévues ?
  • Lorsqu’il s’agit de matières pratiques, peuvent-ils justifier d’une expérience en ostéopathie de plusieurs années ?

Les stages pratiques

L’établissement de formation doit être en mesure d’attester de la réalité et de la qualité des stages pratiques. Ceux-ci comprennent en général des stages au sein du centre de soins en ostéopathie attenant à l’établissement (le plus souvent majoritaires en nombre d’heures de stages), qui doivent permettre à l’étudiant de suivre au minimum plus d’une centaine de patients différents. Ils incluent également des stages hospitaliers (secteur public ou privé), des stages en milieu sportif, des stages dans le domaine de l’évènementiel. Toutes ces périodes de formation en milieu professionnel doivent être encadrées par des praticiens expérimentés. Enfin, des stages chez des professionnels libéraux peuvent être proposés, mais ne doivent en aucun cas dépasser vingt ou trente heures au cours du cursus. Intéressants pour permettre à l’étudiant de se familiariser avec l’univers d’un cabinet, ils ne lui donnent pas l’occasion de pratiquer l’ostéopathie. Pourtant, de nombreux établissements privilégient ce mode de stages pratiques, nettement moins coûteux.

En tout état de cause, ces périodes en milieu professionnel doivent être l’opportunité pour l’équipe pédagogique de l’établissement d’établir un vrai dialogue avec les structures d’accueil et les référents permettant de définir des objectifs de formation précis et d’en assurer le suivi.

Le recrutement

Les établissements les plus sérieux enregistrent plus de demandes que de places disponibles. Ils sont conduits à mettre en place une sélection, qui est d’autant plus fine que l’établissement est renommé. Le futur étudiant devra ne pas hésiter à s’adresser aux établissements réputés les plus difficiles. Il devra également s’intéresser à la taille des promotions, en première année et dans les années suivantes, et s’interroger sur l’adéquation entre le plateau pédagogique – nombre d’enseignants, taille des salles de cours ou de TP, capacité en terrains de stages – et le nombre d’étudiants recrutés. Et enfin, Il sera vigilant au nombre d’heures de clinique annoncé par étudiant à mettre en relation avec le nombre réel de patients reçu par an par le centre de soins de l’établissement.

La recherche

Certains établissements disposent d’un pôle recherche, ce qui constitue un critère additionnel et témoigne le plus souvent de liens avec le monde universitaire. Mais dans ce domaine comme dans d’autres, attention aux effets d’annonce.

 


 

Sources / Références

  • [1] Le Conseil Constitutionnel, par une décision en date du 3 février 2011 vient d’attribuer un caractère réglementaire à la référence au nombre d’heures relatif à la formation des ostéopathes. Il appartient dorénavant au gouvernement de respecter la volonté du législateur en intégrant dans un décret à paraître la disposition relative à une augmentation du niveau de formation des ostéopathes.
  • [2] EFSOET du FORE > lien
  • [3] > Benchmarks OMS
  • [4] Bulletin officiel n° 1 du 7 janvier 2010/NOR : MENC0929056C/RLR : 161-1c/circulaire n° 2009-193 du 28-12-2009/MEN - DREIC 2A > lien
  • [5] > Site du RNCP
  • [6] > Site de l'ENQA