Actualité de l'Ostéopathie

Du principe de cohérence ...

14/02/2012 - Une mise au point AD HOC -

  • Mise à jour le Vendredi, 17 Février 2012 09:03

De l'élégance des pratiques.

 

Depuis quelques semaines, le GFIO par une série de communications tente de justifier ses choix politiques en contestant ceux du SFDO,  jeu démocratique habituel. Cependant ce qui l’est moins est l’incitation des membres du SFDO à rejoindre « les associations qui défendent avec fermeté et rigueur notre profession » en quittant « celles qui, malgré des discours engagés et péremptoires, ne font que la brader et tirer vers le bas. ». Une attitude de débauchage peu scrupuleuse à l’élégance contestable.

Sur la forme, une telle campagne ne lasse pas d’interroger. Il semble toutefois utile de rappeler que ces organisations professionnelles n’ont produit cette année qu’une déontologie indigente qu’elles ont tenté, sans succès, de faire passer comme opposable auprès des pouvoirs publics. Et dans le même temps, elles érigent en modèles leurs pratiques discutables, alors que l’une d’entre elles n’a de cesse de réclamer le statut de l'organisation numériquement la plus importante, l’autre pose la publicité dans les Pagesjaunes comme principe déontologique, tandis que les autres, au gré d’intérêts, font fluctuer l’ostéopathie entre santé et bien-être ou amalgament ostéopathie, étiopathie et chiropratique. La liste des pratiques douteuses est si longue qu’un inventaire exhaustif  prendrait trop de temps ici. Pour l’heure, la problématique est : Que souhaitent les ostéopathes pour l’ostéopathie ? Une détermination paraît actuellement la priorité.

La proposition de Loi Debré sur l'ostéopathie et la chiropratique

 

Sur le fond, la PPL Debré est devenue le sujet clivant, y compris au sein de feu la Plateforme d’Actions Concertées et du GFIO. La première a implosé par le communiqué de l’AFO-SNOF suite à la prise de position du ROF en faveur du projet du Professeur DEBRE et qui indiquait que « L’AFO et le SNOF ont donc décidé, à compter de ce jour, de cesser toute collaboration avec celui-ci [le ROF, NDLR]. ». Le second est sérieusement éprouvé depuis que la Chambre des Ostéopathes a publiquement approuvé – sous réserve d’amendements – le texte préparé par le député, alors que le GFIO y reste opposé. Le SNOF et l’AFO réserveront-ils le même sort à la CNO qu’au ROF, ou bien inaugureront-ils un « deux poids-deux mesures » ? En tout état de cause, les vieilles habitudes restent tenaces et faute de règles démocratiques clairement établies, chacun reprend ses droits au premier coup de vent… On en revient donc au système des alliances de circonstances au gré des sujets, mécanisme que la Fédération Française de l’Ostéopathie proscrit grâce à des fondements de droit et un dispositif de représentation démocratique. Force est de constater qu’elle est bien seule à agir aujourd’hui pour obtenir une réforme des modalités d’agrément des établissements de formation.

Sur le fond toujours, la position du SFDO au regard de la PPL Debré est constante depuis le début, telle qu’énoncée dans l’analyse ( Lire le communiqué >) mise en ligne en septembre 2011 : ce texte n’est pas adoptable en l’état mais contient des pistes de réflexion intéressantes qu’il convient d’explorer plus avant, relatives notamment à la formation et au statut de profession de santé. La menace portant sur l’accès en première intention des patients à l’ostéopathie représentée par l’abrogation de l’article 75 ne constitue qu’un faux prétexte (Lire le communiqué >) pour refuser en bloc un dispositif qui mérite pourtant mieux qu’un mesquin calcul politicien. Le Professeur DEBRE pose de véritables questions auxquelles il sera nécessaire de répondre, de préférence dans le consensus. Les ostéopathes désirent-ils intégrer les professions de santé, et si oui, dans quelles conditions et selon quelles modalités ? Comment imaginent-ils l’organisation de la profession dans le futur, et comment envisagent-ils de rendre la déontologie opposable juridiquement ?  Le SFDO et la FFO ont rédigé et publié un projet politique au titre de contribution au débat et appellent à une réflexion conjointe des acteurs de la profession sur ces questions.

Compte tenu de ces enjeux, il est paradoxal de constater que depuis plusieurs mois le GFIO s’emploie avec beaucoup d’énergie à refuser tout dialogue avec le SFDO sur la proposition de Monsieur Debré et à la dénigrer par tous les moyens – au risque de semer la confusion chez les 115 parlementaires qui la soutiennent. Ultime paradoxe, alors même que le GFIO parle de « non-événement », en parallèle il s’efforce de se justifier en adressant par voie postale à l’ensemble des ostéopathes un document de 6 pages… Un principe de cohérence s’impose. La  proposition de loi du Professeur DEBRE ne constitue ni un « non-événement », ni une révolution dans notre petit monde. Elle contribue à réveiller un débat que le GFIO était dans l’incapacité d’animer. Elle offre un bras de levier utile à notre profession, et le cas échéant, pourrait représenter une alternative si le Gouvernement, en dépit des engagements formulés à l’issue de la manifestation du 9 février, n’assumait pas ses responsabilités.

Le projet de norme pour la profession d'ostéopathe

 

Un autre élément clivant est représenté par le projet de norme Européenne (CEN). Le Forum for Osteopathic Regulation in Europe (FORE) – dont le SFDO et le ROF sont membres – et la Fédération Européenne des Ostéopathes (FEO) – dont le GFIO est membre - ont formellement décidé de lancer le projet de norme européenne. La FEO par un vote lors de son Assemblée Générale de février 2011. En dépit de la décision de sa structure d’affiliation, et à la surprise générale, le GFIO a voté contre ce projet lorsque la France fut consultée l’été dernier. Ce vote a contribué à faire prendre à la France une position négative à l’échelon européen. Une majorité d’États européens se montrant néanmoins favorables à cette norme, le projet continue et la France doit décider maintenant de contribuer – ou non – aux travaux  au prix d’un budget annuel significatif. A ce stade, la Fédération Française de l’Ostéopathie et le SFDO sont les seules organisations représentant des professionnels à s’engager dans le financement de ce projet, qui permettra d’établir une norme d’ambition supérieure à notre réglementation française et offrira aux professionnels l’occasion de certifier leur activité, et ainsi, de se différencier sur la base d’éléments objectifs contrôlés.

Deux visions s’opposent. Celle que défend le SFDO est transparente et résolument en faveur d’un cadre structurant pour notre profession. Au-delà de ce tropisme, un consensus sur des questions fondamentales est possible. Plusieurs messages formels ont été adressés au GFIO en vue de réfléchir sur ces sujets, sans réponse positive. D’autres tentatives seront lancées.

En l’état, la surenchère aux revendications de telle ou telle avancée pour la profession à laquelle se livrent certaines organisations pourrait prêter à sourire s’il n’y avait l’urgence de la situation. Si ce n’est au titre de la pensée unique, de quel droit un groupe peut-il prétendre être le seul à même de défendre l’ostéopathie ? Les effets de manches et les logorrhées ne peuvent se substituer durablement à l’évidence de l’action. En l’espèce, la décision d’appeler les ostéopathes à ne pas manifester le 9 février – alors que des invitations à collaborer au mouvement leur ont été adressées dès la prise de décision – est indigne de leurs prétentions et ne dupe plus personne. Il est un moment où ces organisations devront assumer pleinement la conséquence de postures d’ores et déjà incomprises d’un grand nombre d’ostéopathes.

Philippe STERLINGOT, Président du SFDO

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